L’interdiction de l’usage des sacs en plastique dans les supermarchés montre une volonté de plus en plus marquée de moins polluer. Cependant, certains supermarchés vont plus loin dans cette démarche en proposant des produits sans emballage.

Acheter sans emballage

La tendance de l’achat sans emballage

Acheter des produits sans emballage est une tendance ancienne mais qui se renforce depuis quelques années.

En effet, cette tendance est assez ancienne, puisque nos grands-parents et arrières-grands-parents allaient au marché ou directement chez l’agriculteur, où la farine était vendue à partir de barils géants, les fruits d’une caisse en bois, le lait directement d’une baratte.

Cependant, au milieu du siècle dernier, les produits préemballés ont fait leur apparition dans les rayons des supermarchés et ont lentement commencé à supplanter cette ancienne façon d’acheter (qui reste encore la norme dans certaines régions moins développées).

Ainsi, pendant des décennies, la commodité, la gamme de produits disponibles et la longue durée de conservation rendue possible par l’emballage ont été considérées comme essentielles. Aujourd’hui, les consommateurs sont de plus en plus conscients de l’impact environnemental des déchets, en grande partie inutiles, et s’efforcent d’acheter de manière plus durable.

C’est pourquoi depuis quelques années, de plus en plus de magasins modernes s’ouvrent dans les quartiers branchés des villes du monde entier, propageant une manière durable de s’approvisionner en produits de première nécessité sans emballage.

L’essor des magasin en “vrac”

L’émergence du concept

Le magasin en “vrac” le plus médiatisé est sans doute celui de Kreuzberg, situé dans l’agglomération de Berlin. Cette enseigne est souvent décrite comme précurseur du mouvement, Cependant, cette enseigne a été battue à plate couture par une franchise italienne, un pionnier texan et un pionnier britannique.

Ces magasins sont apparus il y a quelques années, mais au début du mouvement leur offre était trop petite. Ils s’apparentaient plus à une épicerie de quartier qu’à un vrai supermarché.

Ainsi, de nouvelles enseignes se sont inspirées de ces magasins précurseurs pour agrandir l’offre de produits sans emballage disponibles afin de construire un modèle de supermarchés en “vrac”.

Un compromis sans gaspillage

Néanmoins, ce modèle de supermarchés n’a pas trouvé de modèle économique viable sur le long terme. C’est pourquoi certains produits à vente lente ne sont pas disponibles en vente en vrac. Les supermarchés les remplace alors par des articles plus populaires et très en demande qui ne sont pas disponibles sans emballage. Cependant, les supermarchés en “vrac” choisissent des produits issus d’une démarche éco-responsable pour remplacer les produits à vente lente.

Ainsi, les magasins en “vrac” n’abandonnent pas le modèle et ne déplorent pas l’impossibilité d’un modèle de supermarché sans emballage parfait. Ils se concentrent plutôt sur trois choses complémentaires : zéro déchet, nourriture locale et communauté. Les magasins en “vrac” espèrent ainsi pérenniser et développer le mouvement pour une alimentation durable.

L’enseigne britannique s’est également éloignée d’un magasin autonome sans emballage pour se consacrer à l’exploitation d’une concession au sein d’un supermarché biologique.

En Allemagne, où « réduire, réutiliser, recycler » est depuis longtemps un mantra courant, il y a maintenant un supermarché sans emballage dans presque toutes les grandes villes, qui proposent de nombreux produits : riz, céréales, boissons (alcoolisées et non alcoolisées), cosmétiques, produits de nettoyage…

L’implication forte de la communauté zéro déchet

Pour la communauté, par la communauté

Différents facteurs distinguent ce nouveau type de magasins durables des supermarchés ordinaires : le style, la conscience professionnelle et la communauté. En effet, les magasins en “vrac” sont beaux, leur design s’intègre facilement aux tendances actuelles vers le minimalisme, et leurs clients sont aussi (le plus souvent) des investisseurs, puisque la majorité de ces magasins sont financés grâce au crowdfunding (en partie au moins).

Ces nouveaux modèles sont mis en place avec l’aide d’une communauté qui a compris qu’il s’agissait vraiment de créer une alternative, de montrer au secteur du commerce de détail comment les choses pouvaient être faites différemment.

Cette révolution du shopping est un mouvement de base, qui implique les clients très tôt. Non seulement ils contribuent au succès financier des entreprises en y dépensant de l’argent, mais le fait qu’ils ont contribué à leur démarrage crée un fort sentiment d’investissement. Le crowdfunding donne une excellente base pour bâtir la communauté.

Rejoindre le mouvement partout dans le monde

Ceux qui ne vivent pas à proximité d’un supermarché en “vrac” peuvent quand même faire partie de la communauté zéro déchet en participant à la conversation en ligne. Il existe une multitude de blogs qui documentent les parcours individuels de personnes de tous les milieux qui tentent de réduire leur impact sur l’environnement.

Une fois que les personnes sont passés des produits ménagers conventionnels, des contenants alimentaires et des produits d’hygiène de base à des alternatives plus durables et qu’ils ont internalisé le mantra « réduire, réutiliser, recycler », ils peuvent trouver des magasins près de chez eux qui vendent en vrac et/ou acceptent les contenants réutilisables.

La plupart d’entre nous est encore loin d’éliminer tous les déchets de notre vie, mais la communauté zéro déchet, qu’elle se rassemble dans un magasin local sans emballage ou qu’elle se connecte en ligne, permet de commencer facilement avec soi-même.